Fin.

Fin.



Fin définitive d'un blog pas joyeux, j'en conviens.
Il est des pages qu'il nous faut savoir rayer ...

Se ressasser le passé et bloquer dessus, se trouver fasciné par des choses plus ou moins sombres ou déverser sa crise d'ado dans des textes glauques n'apporte absolument rien.
Voilà ma conclusion.

Vivons, et employons utilement notre intelligence.

Quant à moi, je suis toujours un peu dérangée hélàs, mais je me soigne.
=)




# Posté le dimanche 06 août 2006 03:26

Modifié le lundi 14 septembre 2009 10:46

L'Ombre - partie 1

L'Ombre - partie 1
Une ombre glissa le long du mur. L'aube avançait sous la brise. Le ciel, sombre, à l'image de l'état d'esprit de la créature, ne présageait rien de bon.
Elle avait dormi de très longues années. Le paysage déchiqueté et glacé s'étendait sous ses yeux, immobile d'abord, puis vacillant. La lumière l'aveuglait. Deux derniers nuages voilèrent le soleil, pour plonger la colline rouge dans une obscurité presque totale. La créature trépidait d'impatience, de soif. Elle avait terriblement soif, et rien ne pourrait l'apaiser excepté ce qu'elle voulait précisément, et qu'elle finirait par obtenir, dans les secondes qui viendraient...

Elle ouvrit les yeux et sentit le changement. Elle bougea dans la pénombre, les yeux mi-clos, toute tremblotante, et s'approcha de la fenêtre. Elle s'agrippa au rebord pour ne pas être emportée par le vent violent qui tentait de l'arracher. La pleine lune régnait au-dessus de sa tête, froide et impassible, et elle sut qu'un nouveau temps commençait. Quelque chose était sur le point de se produire...

La créature s'était réveillée.

Elle saisit un manteau et une chandelle et s'évanouit à l'extérieur.
Il dormait, agité, l'esprit plein de sombres rêves. Au réveil, une étrange impression l'envahit, suivie par une angoisse grandissante. Puis il la vit et comprit. D'un signe de la tête, elle lui fit signe de la suivre. Il alluma un chandelier et obtempéra en frissonnant.
Ils affrontèrent le temps déchaîné et réveillèrent ceux qui ne pouvaient plus sommeiller en cette heure inquiétante...
La créature s'était réveillée.

Treize chandelles dansèrent à la suite jusqu'à la salle aux mille regards puis s'arrêtèrent. Silencieusement, les treize hommes et femmes se regardèrent tour à tour, les yeux emplis d'anxiété, jusqu'à ce que la première des treize décide de prendre la parole.
Les mille yeux accrochés au plafond pivotèrent dans sa direction.
- Mes s½urs et mes frères, commença-t-elle d'une voix grave. Vous savez tous ce qui vient de se produire.
Tous acquiescèrent.
- Nous avons essayé d'oublier cette date depuis mille ans. Nos ancêtres ont détruit les calendriers par peur. Mais cette nuit, que nous le voulions ou non, l'Ombre s'est réveillée. Nous devrons l'affronter.
Les treize flammes des treize chandelles se dispersèrent. Le jour se leva.

La créature était d'ombre et se nourrissait de lumière. Lorsque l'Ombre se réveilla, la lumière lui fut cependant secondaire. Rien ne lui fut plus important que le sang ; et pour recouvrer la totalité de ses forces, un seul sang pouvait la nourrir complètement. Elle se mut jusqu'à une petite église, où elle s'arrêta pour observer des prêtres qui conversaient près d'une fontaine. Le sang humain ne lui apporterait pas beaucoup de forces, mais lui serait tout de même utile.

Elene augmenta le son de la télévision et ouvrit grand les yeux. Trois prêtres assassinés devant l'église. Elle bondit de son fauteuil et saisit son téléphone.
- Elle commence, dit-elle en suivant les images sur l'écran.
- Oui, je regarde aussi la télé.
- Il faut partir d'ici, Eric.
- Attends... je te rappelle.
Il raccrocha, et elle courut à sa chambre. Elle ouvrit son armoire et vida deux bouteilles de sang, puis enfila ses gants et glissa ses lames dans les poches de son jean.

Le professeur McMorney venait de mettre au point sa nouvelle recette. Il déposa le morceau de papier au fond de son coffre-fort blindé puis soupira en éteignant la télévision. Il était l'un des treize. La créature chercherait à l'abattre. S'il mourrait, les autres mourraient de soif ; sa survie était donc vitale. McMorney produisait le sang artificiel. Au vingt-et-unième siècle, les derniers descendants des treize familles de vampires ne pouvaient se permettre de consommer du sang humain. Aussi, le professeur Eric McMorney se chargeait de les réapprovisionner continuellement.
Il ouvrit une bouteille de sang artificiel et but quelques gorgées, puis quitta son laboratoire et le ferma à clef. Dans son sac à dos, il disposait de boisson pour une bonne vingtaine de jours.
La créature longea un parc et attendit le moment propice pour se gaver du sang de quatre fillettes, puis de leurs mères. Le parc fut plongé dans l'obscurité.
Elene avait senti l'évènement avant les autres, et à présent sentait la présence de l'Ombre qui se rapprochait. Elle accéléra et quitta la ville, puis sortit deux lames de ses poches pour se rassurer.
Marie Mayhew était déjà arrivée devant le haut portail rouillé. Elle extirpa la clef d'un pot de fleurs, puis ouvrit la maison. Eric arriva à son tour.
L'Ombre sentait le sang de l'un des treize sans pouvoir distinguer sa provenance.
David cherchait les clefs de sa voiture dans son sac de sport. L'Ombre s'approcha de lui. La lumière diminua sur son passage. David mesura la situation à toute vitesse et démarra. L'Ombre s'éleva dans les airs et le poursuivit.
Elene Moons manqua de percuter un mur. Elle termina son virage avec soulagement et roula jusqu'à une étroite ruelle bordée de barbelés sur lesquels des feuilles de vigne couraient un peu partout.

# Posté le lundi 09 avril 2007 06:40

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 16:14

L'Ombre - partie 2

L'Ombre - partie 2
David sema l'Ombre et gagna l'autoroute, traversa un village puis s'enfonça dans les bois et gagna la maison où les treize devaient se retrouver. Pendant ce temps, on relatait à la radio de nouveaux assassinats.

"Personne ne comprend ce qui s'est réellement passé. Après la découverte des corps de trois prêtres il y a moins d'une heure, la ville sombre dans la panique. Il n'y a aucun lien entre les victimes, ce qui laisse penser qu'il frappe au hasard. Le dangereux tueur en série est dans la nature et frappe peut-être au moment où je vous parle. N'oubliez pas que la prochaine victime peut être n'importe qui...peut-être même vous. Restez chez vous et..."

David éteignit la radio et gara sa voiture sous un grand saule pleureur, à l'abri des regards. Marie lui ouvrit.
- Entre vite, lui dit-elle.
David prit place devant une épaisse table de chêne.
Elene astiquait les lames de ses ciseaux. Eric était concentré sur son ordinateur portable.
- L'Ombre a failli m'avoir.
- J'étais certain que tu t'en tirerais, dit McMorney.
- Eric, je n'ai plus de sang.
Eric lui procura un petit flacon puis reporta son regard sur l'écran. A trente-cinq ans, il demeurait le plus âgé des treize. Il était assez petit, du moins par rapport au mètre quatre-vingt-dix de David, et plutôt bien fait.
David, lui, était aussi jeune que Marie, Elene et les autres, qui avaient tous entre vingt et vingt-cinq ans. David Caden était donc grand, avec des cheveux blonds teints en noir tout à fait remaquables et de tout aussi remarquables yeux d'une couleur indéfinissable.
- Il y a encore eu des morts, dit-il. Nous pensions pouvoir l'affronter, dit David. Et face à elle, nous ne pouvons que fuir.
- Oui, approuva Elene en reposant ses ciseaux en argent. J'ai parlé trop vite. Il ne nous sera pas possible de l'affronter.

L'Ombre fondit sur sa proie. Elle se mit à courir, courir, mais l'Ombre volait à une vitesse épouvantablement élevée. Elle hurla. L'Ombre se jeta sur elle et lui perfora la gorge.

Douze s'étaient retrouvés dans la maison au fond des bois. Sofia Chan manquait à l'appel.
- Nous ne pouvons pas sortir, trancha Elene. Elle finir par venir...
L'Ombre, repue, se fondit parmi les branchages et s'endormit. Le ciel s'assombrit.
La nuit tomba...

Elene fut tourmentée par d'affreux cauchemars... et se réveilla en hurlant. Des chauves-souris battaient contre sa fenêtre. Elle avait hérité de la maison trois ans auparavant, à la mort de ses parents. La maison lui faisait encore un peu peur. Immense et vieille, elle menaçait d'engloutir son contenu à chaque pas posé sur un plancher ou un escalier.
- Je t'ai entendue crier.
- C'était un rêve.
- Je sais, répondit Marie Mayhew en s'asseyant sur le rebord de son lit. Toujours le même ?
- Tu pourrais me laisser un peu seule, s'il te plaît ? Je n'ai pas envie de t'en parler.
- Excuse-moi. Je te fais quand même un bisou si tu l'acceptes.
- Mais oui.

L'Ombre avait mis fin à l'une des lignées de vampires.
"C'est incroyable. Il y a deux jours, tout allait pour le mieux. J'étais sur le point d'inventer un produit miracle censé tuer l'Ombre. Et je me suis rendu compte qu'il me manquait un ingrédient essentiel. Alors, à la place, j'ai mis au point une nouvelle recette de sang artificiel. Je ne l'ai pas encore essayée. Il faudra que je la teste. Je me demande si j'ai mis assez de globules rouges."
Eric rédigeait son journal intime sur son ordinateur.
"Tout à l'heure, Marie m'a demandé pourquoi je ne dors pas la nuit. La vérité, c'est que je n'ai jamais sommeil. Je bois du sang spécial qui me tient éveillé jour et nuit. J'imagine nos ancêtres, qui ne dormaient qu'au lever du soleil. Contrairement aux vieilles histoires, ils ne dormaient pas dans des cercueils. Quelle idée ! L'ail ne leur était pas non plus nuisible. En fait, je crois que vampires et humains se ressemblent beaucoup. Je me considère moi-même comme humain. Il ne faut pas non plus oublier que j'ai un bac +8 et c'est un diplôme bien humain !
Bref, maintenant, l'Ombre s'est réveillée. Je ne pensais pas vivre assez longtemps pour assister à cet évènement. En fait, je me suis planté dans mes calculs. J'avais prévu le retour de l'Ombre pour 2500... Je me suis gouré d'un demi-siècle...
Je vais écouter la radio sur le web. Si Sofia est morte, peut-être en parlera-t-on..."


John Chan ne trouvait pas le sommeil. Il pensait trop à Sofia, sa cousine, qui ne s'était pas montrée. Leurs deux familles s'étaient unies, d'où le même nom mais deux ancêtres différents parmi les treize premiers vampires.
John était chinois et fier de l'être, et il ressemblait beaucoup à John Lennon. Il possédait donc un physique agréable et de longs cheveux noirs plutôt splendides qui lui cachaient les yeux. Lorsqu'il pleurait, il avait la chevelure toute trempée; aussi il évitait de pleurer trop souvent. Mais ce soir, il ne put se retenir.

L'Ombre glissa le long de l'arbre et se promena dans la ville, interrompant sa balade de temps à autre pour se faufiler dans une maison, par une fenêtre.

- Si l'ombre passe treize jours sans bouffer l'un de nous, il y a des chances pour qu'elle commence à agoniser.
- Génial, fit Marie.
Eric ferma son ordinateur et ajouta :
- Et Elene ?
- Un cauchemar... rien de grave. Tu as appelé Sofia ?
- Oui. Toutes les dix minutes. Je crois... qu'il va falloir compter les treize jours à partir de maintenant. On vient d'annoncer de nouvelles victimes à la radio... Il y avait la description de Sofia.

L'Ombre cherchait les autres. Elle ne pensait pas vraiment, mais son esprit primitif se demandait où pouvaient bien se cacher les douze autres repas.
Vingt kilomètres plus loin, deux vampires appelés Barbara Pitt et Aiden Albrey préparaient le petit déjeuner. Seule Laine Sheep dormait encore profondément en cette heure matinale.
- C'est exaspérant de voir qu'il y a des gens capables de dormir autant ! s'énerva Elene.
Enfin, Laine se réveilla et s'installa à table avec les autres qui entamaient des omelettes légèrement brûlées. John Chan n'avait pas quitté sa chambre. Tous avaient à présent à l'esprit la mort de l'une des leurs, Sofia. Les vampires avaient commencé à disparaître.
- Nous sommes enfermés ici pour treize jours, annonça Eric. Il va falloir faire preuve de patience.
- Merde !!!!! hurla David Amsterdam, à bout de nerfs.
- Calme-toi, fit son homonyme David Caden.
- C'est clair que treize jours sans mettre le nez dehors, ce sera pas la fête, remarqua Louis Bridge.
- J'ai des réserves de sang, fit Eric. Si on se rationne, ça suffira.

# Posté le lundi 09 avril 2007 06:47

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 16:20

L'Ombre - partie 3

L'Ombre - partie 3
.
Le maire ordonna de creuser des fosses communes pour les victimes du serial killer qui décimait la ville. Il fut le premier à être enterré dans l'une des fosses, deux jours plus tard.
Après le petit déjeuner, Laine décida de retourner dormir un peu. On finit par la traiter de marmotte.
- Ça change du mouton ou de l'alien héhéhéhé ! fit-elle.
Laine Sheep était orpheline. Ses parents, deux vampires qui possédaient un élevage de moutons, avaient été retrouvés morts un soir de pleine lune. Officiellement, tués par une meute de loup. Pour les treize, c'étaient plutôt des lycanthropes.
Laine avait exactement vingt ans, c'était une personne tout à fait sympathique quoique avec un humour un peu lourd...
John avait le c½ur serré. Il avait emporté sa guitare, aussi commença-t-il à jouer un petit morceau triste... C'est alors que David Amsterdam arriva avec sa basse. Au bout de deux minutes, on finit par la lui arracher des mains. David s'énerva alors et commença à se disputer avec tout le monde. Laine entra dans sa chambre et lui asséna un coup de poing en disant que tout se tintamarre l'avait réveillé, puis retourna au lit.
Marie fit alors un pansement pour le pauvre David qui avait un gros bleu. Pendant ce temps, l'autre David s'énervait. La télévision avait rendu l'âme sous ses yeux, il s'embêtait dans cette maison où les tensions montaient. David Caden était maître-nageur. Treize jours sans travailler, ce serait vraiment la joie. Il ouvrit le réfrigérateur et but un verre de sang foncé, puis s'enfonça dans un fauteuil et décida de faire la conversation avec Louis Bridge.
L'Ombre continuait à parcourir la ville en laissant des corps inanimés sur son sillage...
Barbara Pitt conversait au téléphone depuis une demi-heure. Michelle Javier, elle, préparait le repas du déjeuner. Peter Hall essayait de réparer la télévision.

La journée se poursuivit ainsi...
A la nuit tombée, les douze regagnèrent leurs chambres et tous trouvèrent le sommeil...
Un hurlement déchira la nuit.
Elene ouvrit les yeux en premier. Et sentit l'Ombre. La créature les avait trouvés.
Elle ouvrit la porte de la chambre voisine.
- Marie ?
- Je suis là. Qu'est-ce qu'il y a ? Un cauchemar ?
Mais Elene courait dans le couloir.
- L'Ombre !! hurla David A. Elle a frappé !

Louis Bridge était dans sa chambre. Peut-être avez-vous déjà vu un être humain entièrement vidé de son sang. C'est ce que virent Elene, David, Marie et les autres qui arrivaient au fur et à mesure.
- De toute façon, Louis passait son temps à voler dans mes réserves perso, remarqua Eric. Le sang du voleur de sang a été volé.
- Mais il respire ! fit Marie.
- Bien joué, dit John Chan.
Puis il se tourna vers David C.
- C'est toi, le MNS, oui ou non ?
- Je suis maître-nageur mais pas sauveteur, répliqua David Caden. En plus, il a du sang plein la bouche. C'est mon ami, je vais pas lui boire son sang.
- On te demande pas de lui boire son sang mais de lui faire du bouche à bouche ! s'énerva John.
- Mais si je lui fais du bouche à bouche, je serai tenté de lui boire son sang, non ?
Pendant ce temps, Peter Hall essayait de réanimer Louis.
- Mais le frappe pas comme ça, fit Barbara, c'est pas une télé !
Louis fit signe à Peter qu'il avait besoin de sang.
Peter lui proposa son épaule mais ce ne fut pas assez.
- Il va boire tout mon sang, fit Peter. Allez chercher des bouteilles de sang artificiel, s'il vous plaît.
Le temps que David Amsterdam trouve les bouteilles dans le réfrigérateur, Louis était déjà mort.

Ils se turent.
- On va l'enterrer, décida alors Michelle. Je me propose pour l'opération.
- Je t'aide, dit David C. qui en avait marre d'être enfermé avec toute cette bande de tarés.
Et c'est à ce moment que Laine se réveilla, en demandant d'une voix ensommeillée ce qui se passait.
- J'espère que c'est important parce que j'ai pas encore eu mes treize heures de sommeil.

Louis était vraiment lourd, David et Michelle ne l'auraient jamais imaginé aussi pesant. Ils firent un trou sous un arbre, et le lancèrent dedans. Au petit matin, une fois la tâche terminée, ils restèrent encore un peu dans le jardin.
- Allons faire un tour, proposa Michelle en grimpant sur sa moto.
- Et si l'Ombre nous attrape ?
- Mille euros si elle nous rattrape.
- De toute façon, si elle nous attrape, tu pourras plus payer.
- Tu viens ?
- OK.

David et Michelle ne revinrent jamais. Leur mort fut terrible, lente et douloureuse.

Les neuf derniers vampires se réunirent dans la cuisine et Eric fit un discours.
- Sofia Chan nous a quittés avant que nous n'ayons pu la voir. C'était une fille géniale, très intelligente, qui collectionnait les perroquets et qui allait bientôt recevoir son diplôme de dessinatrice de mangas. Sofia, nous ne t'oublierons jamais.
Tout le monde commença à pleurer.
- Louis Bridge était quelqu'un de sympathique. Nous n'oublierons jamais les dessins animés de pâte à modeler qu'il a réalisés, surtout celui avec les chiens australiens avec les supers gags que personne ne comprend...
Et là, on pleura encore plus. Ce fut un spectacle désolant.
- David Caden aussi était sympathique. C'est d'ailleurs lui qui m'a appris à nager. Et à monter à cheval, aussi. Mais il mort par sa faute, avec Michelle. Michelle allait devenir un mannequin célèbre, elle qui tournait déjà dans les pubs pour supermarchés... C'est dommage qu'ils soient partis si tôt...

Eric écoutait la radio en écrivant de nouvelles recettes. Pas un seul habitant de la ville n'avait survécu... Peter et John regardaient la télévision qu'ils avaient réussi à réparer ; un film érotique avec Alyssa Milano était diffusé.
Barbara était encore au téléphone avec un correspondant masculin dont elle ne voulait parler à personne, tandis que les autres préparaient un gâteau à la fraise. Si la maison était vieille et poussiéreuse, la cuisine regorgeait de trésors ; les placards et les réfrigérateurs étaient remplis de toutes sortes de choses...
« Où est l'Ombre ? écrit Eric dans son journal. Elle semble avoir quitté la ville. Pourquoi ne nous a-t-elle pas tous bouffés ? Est-ce que Louis était suffisamment consistant ? Est-ce qu'elle n'a pas senti notre présence ? A moins qu'elle ne soit toujours là. Dans la maison. »

# Posté le vendredi 13 avril 2007 09:38

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 16:22

L'Ombre - partie 4

L'Ombre - partie 4
Le soleil se coucha et les vampires se mirent à table. On servit les pâtes, le gâteau à la fraise, les carafes de sang dans lesquelles Peter Hall avait ajouté quelque chose de bizarre. Si bien qu'à vingt-deux heures, tout le monde était déjà saoûl. Et Marie Mayhew et Elene Moons, les plus sages, regardaient avec pitié les autres se taper dessus en rigolant. Pendant qu'elles mesuraient l'ampleur du désastre, Marie dit soudain :
- Eric est où ?
Toutes deux montèrent donc au salon, où Eric avait l'habitude de rester des heures d'affilée. Il n'était pas là, mais son ordinateur était ouvert et encore allumé ; et elles s'approchèrent pour lire les derniers mots qu'il avait écrits.
« A moins qu'elle ne soit toujours là. Dans la maison. Mais j'ai fouillé partout. Elle se cache en l'un de nous. »
- Je commence à avoir peur, fit Marie. Tu te rends compte ? L'un de nous serait possédé par l'Ombre.
- Ça pourrait être n'importe qui, continua Elene. Laine, David, John, Peter, Barbara, Aiden...
- Ça pourrait être toi.
- Si c'était moi, je le saurais, non ?
- Tu pourrais me mentir.
- Et ça pourrait être toi, aussi.
Elles se regardèrent étrangement, puis se turent. Et redescendirent les escaliers qu'elles avaient montés une minute auparavant. C'est là qu'elles trouvèrent Eric, à demi recroquevillé dans la pénombre, sur une marche. Il ne vivait plus.

La nuit continuait... Elene alla se coucher ; du moins elle essaya. La présence de l'Ombre hantait ses pensées, elle savait qu'elle se cachait là. Elle la sentait, toute proche et affamée...
La pluie se mit à tomber, une pluie violente qui agressait la maison sans relâche. Par sa fenêtre, Barbara ne distinguait pas le soleil derrière le rideau de pluie blanche. Soudain, elle eut froid... et poussa un hurlement qui se noya dans l'obscurité... La journée commença.

- Marre !!!! hurlait David Amsterdam. Elle va tous nous bouffer, je vous dis !!
Les autres demeuraient silencieux. Ils avaient retrouvé un petit morceau de Barbara Pitt sur son tapis, près de la fenêtre, après l'avoir entendue crier.
Le stock de sang diminuait et l'Ombre semblait avoir mangé toute la lumière du jour ; Aiden Albrey était en manque de nicotine et pour finir, Elene Moons avait envie de les tuer tous.
Laine dormait sur sa chaise, un verre de jus de pomme à la main (le jus était bleu, donc on pouvait supposé que Peter avait encore mis quelque chose de louche dedans) avec une grosse écharpe autour du cou, ayant attrapé un mauvais rhume.
- La théorie d'Eric me semble de plus en plus plausible, fit Marie entre deux parts de pizzas, ce qui constituait son petit-déjeuner. L'un de nous est possédé par l'Ombre, sinon comment fait-elle pour se cacher parmi nous ?
- En ce cachant bien, fit Peter en mangeant sa pizza aux quatre fromages.
John et Elene faisait la conversation à propos des ciseaux de cette dernière.
- Je n'en ai amené que trois, mais si l'Ombre essaye de m'avoir, elle ne m'aura pas.
- Tu veux killer une ombre à coups de ciseaux ?
- Non, mais ça peut l'intimider.
- Et si elle n'est pas intimidée, tu fais comment ?
- Bonne question, laisse-moi réfléchir.

Marie avait hérité de l'ordinateur d'Eric, et le fouillait un peu.
- Vous saviez qu'on pouvait faire du sang en mélangeant du caramel, de la vodka et du jus de cerise ?
Elle chercha donc les ingrédients nécessaires et commença à suivre la recette d'Eric.
Et Aiden craqua. Angoisse, manque de cigarettes, fatigue...
L'Ombre, de plus en plus puissante, maligne et sadique, échafaudait un nouveau plan...

# Posté le vendredi 20 avril 2007 09:23

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 16:24